“Nous avons fêté mes trente ans au Château Laroche, nous précise Martine Palau. Trente ans, cela permet d’avoir du recul, une grande expérience, une très grande connaissance du terroir, des vins, et c’est justement cela qui est très intéressant et gratifiant. Chaque année c’est comme un enfant que l’on met au monde, un nouveau challenge, c’est ce qui me passionne dans ce métier.Quand je suis arrivée, j’ai suivi les cours d’Émile Penaud à la Faculté d’Œnologie de Bordeaux et, très rapidement, je me suis intéressée à la vigne car la qualité des vins découle directement de celle des raisins. Nous avions la chance de posséder d’excellents terroirs, il fallait leur permettre de s’exprimer. Le secret de la réussite c’est la meilleure adéquation entre l’encépagement et le terroir. Dans l’appellation Premières-Côtes-de-Bordeaux j’ai été une pionnière car la vinification en barriques ne se pratiquait pas. Je me suis rendue compte notamment au fil des années, que le Merlot était un cépage qui s’harmonisait parfaitement avec mon terroir. La limitation des rendements a été l’une de mes principales préocupations et cela se retrouve à la dégustation. L’ensemble de la propriété est à une densité de plantation de 5000 à 5500 pieds/ha et à majorité de Merlots (80%).
En 2007, nous avons apporté des soins considérables à la vigne durant tout l’été. Mon technicien dans les vignes est très compétent et nous avons traité tout-de-suite, nous avons effeuillé, pris toutes les précautions possibles. À partir de la fin août, nous avons eu un mois et demi de temps superbe, très ensoleillé et venté, les conditions idéales. Nous avons vendangé le plus tard possible, profitant ainsi de la belle arrière-saison et du vent du nord qui séchait les baies, ramassant des raisins très beaux et très sains. À l’analyse, on s’aperçoit qu’il a un peu plus d’acidité que d’habitude mais ce n’est pas plus mal, car il en manquait parfois dans les millésimes précédents. Le vin est à l’élevage et je suis agréablement surprise par la belle couleur, le bel équilibre, la matière. Je n’ai pas forcé les fermentations malolactiques, je surveille, tout en laissant faire tranquillement. Le blanc est très séduisant, il a un très beau fruité et un très bel équilibre, l’acidité est présente, mon rosé aura une belle couleur rose très pâle avec un joli fruit et il va beaucoup plaire. Laroche Rouge 2007 offre des arômes de petits fruits rouges, c’est un vin qui se présente pour être très distingué et classique, tout-à-fait dans la lignée du 2006. Il faut retenir que, plus que jamais, le 2007 sera un vin de vigneron, il fallait une présence continuelle dans les vignes.
Pour le 2006, le terroir argilo-calcaire et bien graveleux sur les pentes, où est planté le vignoble, a bénéficié d’un drainage naturel et de sols chauds. Les Rosés et les Blancs 2006 sont dans la continuité des 2005, d’une belle fraîcheur et très fruités au nez. Les vins de Château Laroche 2006 sont denses, charnus, très aromatiques, intenses et plus concentrés que les 2005. Ceux de Laroche Bel Air s’affirment par une belle puissance en bouche. Le 2005 est un très beau millésime mais c’était une année de sécheresse, on a un fruit très mûr, c’est rond en bouche, il fait penser au 2003, très charnu, très gourmand, un peu en dentelle.”
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